Les petits riens…
28 février 2008
Je réalise à quel point ça ne prend pas grand chose au fond pour se sentir heureux. Le seul outil nécessaire: la lunette. Hey oui, la lunette. C’est le filtre que l’on utilise pour regarder la vie.
[Filtrer: 1. Faire passer à travers un filtre. 2. Retenir (un élément) au moyen d'un filtre. Le Robert]
(Je fais un trip dictionnaire on dirait… ahahah!! Ça m’amuse à l’évidence)
Donc, je disais… le filtre que l’on utilise fait toute la différence parce que nous avons toujours deux choix lorsqu’il s’agit de filtrer notre vécu: Retenir les éléments positifs ou ceux négatifs. Retenir le mot qui a blessé ou celui qui nous a flatté; Retenir le geste désagréable ou celui qui nous a caressé; etc. Notre mémoire est sélective, mais c’est nous qui programmons les critères de sélection.
[Sélection: Action de choisir les objets, les individus qui conviennent le mieux. Le Robert]
On peut ainsi décider que ce qui convient le mieux, c’est tout ce qui nous arrive de bien, d’heureux, d’agréable… (Notez ici qu’on retient ce qui nous convient dans le but de confirmer nos pensées. Si nos pensées sont négatives, on retient les éléments qui confirment ces pensées. On retient donc les éléments négatifs. Résultat: Cercle vicieux.)
Il y a plusieurs années, dans le cadre d’un cours, nous devions produire un travail concernant la littérature jeunesse. J’étais tombé sur un petit livre qui s’appelait (de mémoire) Les petits riens qui font du bien et qui ne coûtent rien. À l’intérieur, chaque page illustrait un petit plaisir tout ce qu’il y a de plus banal (à l’image d’Amélie Poulain qui plonge la main dans un sac de graines). Mine de rien, ce petit livre m’a parlé – oui oui – pour me dire: Vois comme c’est simple le bonheur… il est partout, t’as qu’à regarder, à sentir, à toucher, à écouter, à goûter. Les enfants savent reconnaître les moments de pur plaisir; les adultes ont oublié ou n’y sont plus sensibles.
Suite à cette grande découverte de la littérature, j’ai commencé mon propre recueil Des petits rien qui font du bien et qui ne coûtent rien. Idéalement, j’aurais voulu y répertorier le meilleur moment de chacune de mes journées, mais la vie étant rapide et les journées courtes, je suis loin d’être assidue.
N’en reste pas moins que le résultat est là. Celui de poser un regard plus positif sur le quotidien, car chaque jour m’apporte au moins un bon moment. Le plus magnifique c’est que lorsque vient le découragement ou une chute momentannée de l’estime de soi, je n’ai qu’à retourner lire les pages de mon recueil pour constater qu’il y a énormément de positif dans ma vie, que je suis entourée de gens qui m’aiment, que j’ai plein de passions, que je possède l’essentiel. Car dans ce recueil, il y a mes mots, mais également les mots des autres en cadeau.
Graduellement, on en vient à réaliser qu’on apprécie réellement les “petits riens” de notre quotidien, généralement apporté par nos sens et qui viennent accompagnés du mot “premier”. Vous n’y comprenez plus rien? Voyez, je vous explique: Le premier matin de printemps où les oiseaux chantent; la première bouchée d’un plat qu’on adore; les premières notes d’un artistes qu’on adore et qu’on n’a pas écouté depuis longtemps; le premier calin d’un enfant difficile à approcher (je suis enseignante jusqu’ici); l’odeur de la première tonte de pelouse de la saison; la vue des premiers bourgeons; la sensation de la première nuit en plein air de la saison; etc. Il y a aussi d’autres “petits riens” tels que le sourire d’un ami, la couleur des arbres, le bruit des vagues, la vue d’une baleine, le rire d’un enfant, bla bla bla… Tout dépend de nos intérêts.
Tout ceci pour dire que le bonheur ne réside pas en un seul élément. Ceux qui croit que leur bonheur dépend de leur prochain voyage, de leur pouvoir monétaire, d’une autre personne (souvent un amoureux), etc. sont dans le champs et ne se sentent jamais satisfait.
[Satisfaction: Sentiment de bien-être; plaisir qui résulte de l'accomplissement de ce qu'on attend, désire [...] Le Robert]
(Ohhh!! Les notions d’attentes et de désirs… je pourrais élaborer longuement là-dessus maintenant, mais comme je ne veux pas y passer la soirée, j’y reviendrai peut-être un autre jour.) Le sentiment de satisfaction est étroitement lié à nos attentes et désirs. Pour faire court (parce que j’ai dit que je n’élaborerais pas), il y a deux choses à retenir: Réalisme et simplicité. (Présentement, il est très difficile pour moi de me retenir d’élaborer sur le sujet. Je crois réellement à l’importance d’être conscient de ses attentes et désirs. Alors, j’y reviendrai très certainement.
Jesse Cook
27 février 2008
J’ai dans les oreilles la superbe musique du guitariste Jesse Cook… hum! Un parfait mélange de musique jazz et de musique du monde. Je l’ai découvert, il y a plusieurs année déjà, au Festival de Jazz de Montréal (merci Festival) par hasard… un heureux hasard! Sa musique est pleine, rythmée, ambiance… wow!
Allez découvrir par vous même, ça vaut la peine. Ne vous fiez pas à la pièce qui joue d’emblée en ouvrant le site… attendez quelques secondes! Bonne musique!
Prendre des risques
23 février 2008
Les célibataires qui n’arrivent pas à trouver l’amour pensent que c’est à cause de la malchance, du destin, du moment qui n’est probablement pas le bon, de la vie qui est ainsi faite, etc. (toujours des causes extérieures). Ils regardent tous ces gens qui trouvent et se demandent pourquoi ça semble si facile pour les autres. (Il est à noter que cette réflexion s’applique à pratiquement tout les désirs que nous avons d’obtenir quelque chose.)
On oublie souvent de se regarder et de s’identifier comme cause de notre “malheur”. On est le principal agent de changement dans nos vies. Si rien ne change, c’est qu’on fait quelque chose pour que ce soit ainsi, même si on se persuade que l’on désire ce changement. Il y a une part de nous qui craint ce changement. La peur… la peur d’avoir peur… la peur d’avoir mal. Parce qu’aimer implique le risque d’avoir mal. RISQUE. Le mot qui explique nos inhibitions, nos retenues, nos inactions.
[Risque: Danger éventuel plus ou moins prévisible - Danger, hasard, péril. Le Robert]
On préfère au risque notre petite sécurité bien douillette qui ne nous amène aucun imprévu. C’est tellement plus facile de ne pas bouger, de ne pas agir sur notre vie, de miser sur ce que nous avons. Mais nous mettons ainsi de côté ce que nos pourrions vivre ou ce que nous pourrions obtenir de mieux… de meilleur.
Le risque est le moteur de la vie lorsqu’on veut la vivre pleinement avec tout ce qu’elle a à nous offrir. La peur est également un moteur qui nous permet d’aller au delà… de se surpasser. Il faut donc traiter la peur comme une partenaire et non, comme une adversaire. Facile à dire!
Malgré ces belles réflexions, je continue à craindre le risque et à laisser ma peur décider pour moi. Je dis “ma peur”, mais je pourrais aussi bien dire “mes peurs”. Et elles sont vicérales ces peurs… elles me prennent dans le ventre et m’empêchent de respirer, de penser, de bouger. Elles ne sont pas présentent au début; elles apparaîssent au moment où je sais que l’autre prend réellement une place dans ma vie et que je sens que je m’attache et donc, que je peux perdre cette personne qui devient importante.
Au fond, elles se résument en une seule peur qui étend ses nombreuses tentacules: La peur que l’autre découvre qui je suis vraiment et que cela ne lui plaise pas. C’est la peur du rejet et donc, de la douleur qui y est associée. Et tout ça, c’est la faute de l’INTIMITÉ… la méchante.
[Intimité: caractère intime, intérieur et profond; ce qui est intérieur et secret. Le Robert]
L’intimité, c’est se dévoiler à l’autre tel que l’on est avec nos forces et nos défauts. Mais si ces défauts découverts servaient de prétextes à l’autre pour se débarasser de nous? Cette crainte du rejet est la source du non-engagement. C’est au moment où une certaine forme d’intimité s’installe que je commence à me retenir et cette retenue est partout: dans mes gestes, mes paroles, mes choix, mes pensées, mes actions… Je me protège. SE PROTÉGER.
[Protéger: 1. Aider de manière à mettre à l'abri d'une attaque, des mauvais traitement, d'un danger. 2. Rendre inefficaces les efforts pour compromettre, faire disparaître (qqch). Le Robert]
Ces deux définitions s’appliquent et c’en est presque drôle. On se met à l’abri d’une attaque “imaginaire” à notre coeur, à notre estime de soi et on rend inefficaces les efforts de l’autre à nous conquérir et à nous faire une place dans sa vie. On bousille nos chances d’aimer et d’être aimé en ne laissant pas de place à l’apparition de cet amour.
J’ai lu quelque part que se montrer à l’autre avec nos forces et surtout avec nos faiblesses et nos défauts, c’est dévoiler à l’autre qu’on est humain nous aussi. Cette révélation est bien souvent un soulagement pour l’autre qui, soit dit en passant, éprouve les mêmes craintes que nous (et bien oui, il n’y a pas que notre nombril).
Donc, pourquoi craindre? J’ai beau trouver des explications à tout ça, ma peur reste bien présente lorsque vient le moment de faire une place à l’autre dans ma vie. Elle est si grande que la plupart du temps, je la transmet à l’autre. Beau tableau! Au moment où malgré moi je sens que l’ouverture se crée d’elle-même, c’est l’autre qui se retient. Comment en sortir? Il faut dire que mes dernières rencontres ont été accompagnées d’entraves circonstancielles et c’est moi qui ai subi les dommages collatéraux. Rien pour me sécuriser.
Exprimer À VOIX HAUTE le fondement de ces craintes me permet de les rendre concrètes et ainsi, avoir un pouvoir sur elles. Peut-être qu’en continuant de rationnaliser ainsi Ma peur, je réussirai à la dompter et à en faire le dynamo de mes rencontres futures.
Le jardin
21 février 2008
Le phare
21 février 2008
Un ami est un phare. Dans la tempête, il est notre repère. Il nous rappelle que nous sommes attendus quelque part. Il nous aide à nous retrouver et à nous rappeler qui on est et ce qu’on vaut. Par beau temps, il est un refuge, un endroit calme et rassurant vers lequel on revient toujours parce qu’on s’y sent bien.
Un grand rêve à petite échelle…
20 février 2008
Nous avons probablement tous déjà rêvé de faire parti d’un groupe de musique. J’adore la musique. Elle me détend, me change les idées, me donne le goût de danser, de rire, de pleurer. Elle me calme quand je suis chavirée. Elle accompagne mes états d’âme, mes bouleversements, mes crises, mes joies. Elle me met sur le piton le matin, ensoleille mes journées. Bref, j’ai besoin de la musique. J’ai une guitare que je gratouille in and out. J’adore chanter, mais je chante comme un pied. J’ai de l’oreille, mais pas de voix. C’est un des grands deuils de ma vie. J’ai décidé de me faire plaisir et de vivre à petite échelle mon rêve de gloire.
À l’école, nous avons un enseignant de musique, un homme passionné qui approche rapidement de sa retraite. Chaque année, il prépare avec les élèves de 6e année un spectacle de musique rock. Ces jeunes forment des groupes et préparent des tounes tout au long de l’année. Je lui ai proposé au printemps dernier de former un groupe d’enseignants qui ferait une apparition surprise au spectacle. Rien ne sert de vous dire qu’il était emballé par ma suggestion. Nous avons donc eu notre première pratique cette semaine. Quelle plaisir j’ai eu ce soir-là. Nous avons passé deux heures à pratiquer notre première toune. J’y serais restée des heures encore. L’enseignant de musique était si euphorique qu’il pensait déjà à grossir l’événement l’an prochain. J’éprouve un plaisir évident à imaginer notre entrée et notre performance…
Épidémie
20 février 2008
Mon entourage direct est touché par une vague endémique de grossesses à répétition. Seulement dans mon noyau de copines avec lesquelles j’ai fait mon BACC, trois filles sont touchées simultanément (une quatrième y travaillant très fort, armée de tout les moyens disponibles). Il faut savoir que s’associe à cet état un trouble pour lequel quantité d’investissements monétaires et personnels sont nécessaires: un nid de deux étages avec cour et jardin. Cette vague touche principalement la tranche d’âge 30-40, soit la tranche dans laquelle je me trouve. Je passe donc de la majorité à une espèce en voie de disparition, dans un environnement en plein développement qui tranquillement restreint mon espace d’activité.
Lors de rassemblements qui regroupent espèces contaminées et celles qui ne le sont pas, ces dernières se retrouvent en marge des échanges et préoccupations. Il faut souvent plusieurs heures d’échanges bienheureux entre femmes atteintes pour à peu près calmer l’euphorie entourant les biberons, couches, crèmes et nouvelles bébelles apparues sur le marché et qu’enfin on en vienne, non sans avoir souligné la présence des non-contaminées, à cibler des sujets plus rassembleurs tel que la température des derniers jours ou la nouvelle recette de potage du Coup de pouce. Quelle joie!
Les non-atteints se regroupent généralement afin de retrouver un certain sentiment d’appartenance, d’échanger sur des thèmes qui les touchent davantage et surtout, pour partager quelques activités délirantes et décapantes. Mais la vague continue à emporter de nouvelles victimes, ce qui cause une diminution toujours plus importante du groupe de non-atteints. Chaque nouvelle victime peine le groupe qui diminue graduellement et se sent toujours plus isolé de la majorité. Trouver un partenaire de folles virées devient difficile, encore plus lorsqu’il s’agit de prévoir une escapade exotique à court ou moyen terme, puisqu’on ne sait jamais quand et qui sera la prochaine victime.
Il est clair que cette vague endémique ne cessera ses ravages et le groupe en marge est conscient qu’il finira par se retrouver contaminé ou assimilé. Je ne sais pas quand je serai touchée, mais d’ici-là, je vais tenter de profiter de mon statut d’espèce libre de tout engagement.
Ne pas sauter trop vite aux conclusions
18 février 2008
Un petit souvenir…
C’est ma première année à contrat en enseignement. Je suis l’heureuse titulaire d’une classe d’enfants de 6 et 7 ans ayant un trouble de la communication. J’ai étudié les troubles de la communication dans les livres durant ma formation, mais c’est mon premier contact réel avec des enfants ayant cette problématique. Il faut dire que j’ai étudié en adaptation scolaire et que mon champs de compétence couvre une grande diversité de troubles. C’est la première semaine. Je lis une histoire aux enfants et, en bonne enseignante, je leur pose quelques questions afin de vérifier leur compréhension.
“D’après vous, comment se sent la maman dans l’histoire?”
Un de mes ti-poux, me répond l’air angélique:
“È s’en criss.”
Je suis saisie. Vient-il réellement de me dire en souriant: Elle s’en crisse. Je reste calme hésitant entre une intervention en bonne et due forme ou une vérification de ses intentions. J’opte pour la deuxième action, me basant sur le charmant sourire du garçon qui m’amène à penser que j’ai mal entendu.
“Peux-tu me répéter ce que tu viens de dire mon garçon?”
“È s’en criss.”
J’en revenais pas. Il venait vraiment de sacrer sans hésitation avec un petit air innocent en me regardant droit dans les yeux… et je vous rappelle que ce petit n’a que 7 ans. Je me décide à poser la question calmement au cas où.
“Viens-tu de sacrer mon garçon?”
“Non… non… “
Le pauvre cherche une autre façon d’exprimer ce qu’il désirait me dire… et ce n’est pas chose simple pour un enfant dysphasique.
“È a la peine.”
“Ahhhhhh!!! Elle se sent triste!”
J’ai appris, ce jour là, ce que les troubles de la communication pouvaient représenter dans le quotidien et surtout, à ne pas sauter trop vite aux conclusions.
Il y a toujours de l’espoir
18 février 2008
“Même une pendule cassée donne l’heure exacte deux fois par jour.”
Tiré d’un film (je ne sais plus lequel)
Désir de possession
17 février 2008
Depuis plusieurs mois, je suis envahie par le désir d’avoir une maison bien à moi. Une maison, une cour, un terrain, des arbres… à moi!! Je rêve d’avoir Mon jardin pour y faire pousser Mes légumes et Mes fines herbes. Je rêve d’avoir Mes fleurs et Mes plantes extérieurs… j’en rêve tellement que j’ai pris en main la merveilleuse platebande en facade de mon logement l’été dernier. J’ai dû commencer par enlever la tourbe qui y avait trouvé refuge et le superbe cèdre orangé qui y avait trouvé son dernier repos. Mais, malgré mes intentions, je n’y ai trouvé qu’un trop bref endormissement de mes désirs profonds de possession, l’effet s’étant dissipé au moment où j’ai exhumé ce pauvre cèdre. J’ai tout de même terminé admirablement le travail… ne pensez pas que j’aurais abandonné aussi facilement. Mais le résultat n’en reste pas moins que mon désir est toujours aussi présent.
Le charge financière reliée à la possession d’une maison me rend anxieuse. J’ai présentement un rythme de vie que j’apprécie. Je ne me prive pas beaucoup. Je fais quelques excès très sympathiques. Je ne calcule pas pour arriver à la fin du mois. Une maison, acquise seule, me plongerait dans un cadre budgétaire stricte pour lequel je manque de pratique. Une fois toutes les factures normales comptées et classées, il y a les imprévus; bris, dégâts et autres. Ouf! Adieu les voyages imprévus ou les fous week ends improvisés. Adieu les restos et les sorties.
Encore une fois, je reviens à la réflexion suivante: Ce serait tellement plus simple à deux.
