Pour me rassasier
25 mars 2008
Suite à ma lecture du dernier post du Voyou sur lequel je suis tombée par hasard hier ou avant-hier, j’ai laissé un commentaire qui ne m’a pas rassasié sur tout ce que j’ai en tête par rapport à ce sujet. Il se questionnait sur l’idée de “plaire” et sur la recherche de la personne faite pour nous. Alors je me paie la traite sur mon blogue.
Mais par où commencer?
J’ai parfois l’impression que les gens se contentent de peu dans leur relation amoureuse. (Quand je me passe cette réflexion, j’ai le désagréable sentiment d’être quelqu’un qui se croit au-dessus des autres – de juger. Mais bon, mon blogue porte le nom de À voix haute, c’est donc ce que je fais.) Ça commence par le choix du “quelqu’un”. Souvent, j’ai l’impression que c’est facile pour les autres de trouver un amoureux. Les gens rencontrent facilement et rapidement une personne avec qui ils commencent tout aussi rapidement une relation qui bien souvent dure assez longtemps. Lorsque cette relation se termine, le prochain “quelqu’un” ne tarde souvent pas à venir (ça c’est quand il n’est pas déjà dans les parages avant la séparation). Pourquoi c’est plus compliqué pour moi? Pourquoi je trouve que la majorité des gars qui s’intéressent à moi sont peu intéressants? Pourquoi j’ai le sentiment (confirmé par mon vécu) qu’il est vraiment très rare de rencontrer un gars avec qui ça connecte, qui a le petit je-ne-sais-quoi, qui m’allume assez pour songer à une possible relation future? Puis, j’observe ce qui se passe autour de moi.
- Il y a ceux qui s’emballent au premier regard intéressé (peu importe la raison de l’intérêt tant qu’il y en a un) porté sur eux;
- Il y a ceux (surtout les filles) qui se laissent endormir par un paquet de mots sucrés et collants chuchottés à l’oreille entre deux gorgées de houblon;
- Il y a ceux qui (je ne sais pourquoi) ne semblent jamais se poser de questions, fréquentent la (presque) première personne qu’ils rencontrent, se marient, achètent une maison et font des gosses;
- Il y a ceux qui doivent toujours avoir quelqu’un dans leur vie et qui quittent seulement quand ils ont trouvé un remplaçant qui a un semblant de qualités pour l’emploi;
J’en oublie probablement, mais bon, j’ai pas fait une étude approfondie sur le sujet. Je pense que ça dépend de nos besoins, qui orientent notre recherche d’une personne. Plus le besoin est banal, fondamental, de base… moins il est difficile de trouver quelqu’un pour le combler. Dans les cas les plus communs et évidents (ne pas oublier l’angle un peu caricatural de la chose):
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Le bon gars qui s’occupe (parce que c’est bien s’occuper) de la fille fragile, angoissée, souvent un peu dépressive, ayant peu de ressources et qui est souvent possessive-jalouse. L’un a besoin de se sentir fort, protecteur, utile, indispensable tandis que l’autre a besoin qu’on s’occupe d’elle, la soigne, la comprenne, la dorlotte, etc.
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La fille qui veut aider le bum et qui ne cesse de répéter qu’il va changer. L’un a besoin de se sentir spécial, celui qui comprend, indispensable tandis que l’autre a besoin de quelqu’un qui restera malgré tous ses mauvais choix.
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La dépendante affective qui ne peut pas s’imaginer vivre sans l’autre et qui le laisse la traiter (dans ses gestes et ses paroles) comme une moins que rien. L’un ne peut vivre seul et est totalement vulnérable tandis que l’autre a besoin de contrôle, de pouvoir.
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La fille qui veut vivre ce qui nous est appris dans les livres pour enfants: Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants et ce, avec le premier gars qui est passé. Ce sont ceux qui doivent faire les choses tel qu’elles doivent être faites. Y’a pas de questions à se poser, c’est ainsi. Le problème, c’est qu’un jour, sans raison, ils se réveillent. Ils sont passé à travers le projet de ce dont ils avaient tant rêvé: la belle grande maison, le tit jardin, la voiture familiale, les enfants… et se trouvent devant un grand vide en face de quelqu’un qu’ils ne connaissent pas vraiment. L’autre était un outil à la réalisation du grand projet de vie.
*** Prendre note que chaque exemple peut être appliqué en inversant les rôles.
Je pourrais continuer, mais mon intention n’est que d’illustrer la relation entre besoin et recherche. On cherche chez l’autre ce qui compensera notre ou nos besoins inconscients.
Alors, qu’est-ce qui fait que pour moi rencontrer semble plus difficile. Mon hypothèse est la suivante: Je ne cherche pas quelqu’un pour combler un besoin de base ou un besoin superficiel. Donc, peu de gars que je rencontre cadrent avec ce que je cherche. En fait, je ne sais pas exactement ce que je cherche. Je cherche quelqu’un avec qui ça connecte. Quelqu’un qui a des choses à m’apprendre et à qui je peux apprendre quelque chose. Quelqu’un avec qui je pourrai partager mes passions, mes conceptions, mes trips, mes folies. Quelqu’un qui me donne le goût d’être meilleure. Quelqu’un qui a des ambitions de vie et quelques passions similaires aux miennes avec qui je pourrai construire un avenir passionnant et vivant. Quelqu’un que je regarde avec fierté et que j’ai le goût d’encourager dans ce qui l’allume. Quelqu’un qui fera de même avec moi. Parce que je crois que c’est ce regard positif sur l’autre qui est la fontaine de jouvence du couple.
Je pense que le positif engendre le positif. Quand on est assez bien assorti, il est plus facile de renvoyer à l’autre une image positive de ce qu’il est. Ça vient tout seul. Et quand l’autre se sent bien, accueilli dans ce qu’il est, encouragé par notre attitude ou notre regard, il nous retournera naturellement une image positive de nous-même. C’est cet échange silencieux qui fait que l’on se sent bien et chanceux d’avoir cette personne dans notre vie. On peut se raconter des histoires, mais l’essence des relations que l’on choisie se trouve là. Je dois sentir dans ton regard et dans ton attitude que je suis quelqu’un qui vaut la peine d’être connu. Si je ne sens pas cela dans ton regard, je n’ai pas d’intérêt à te garder dans mes relations. Et lorsque je le sens réellement, je te retourne le compliment aussi souvent que possible. Ces échanges silencieux ou ouverts gardent la relation vivante et importante à nos yeux.
La grande question reste: Comment trouver cette personne faite pour nous?
*** Je dis ce que je pense maintenant en étant tout à fait consciente du côté parfois pédant de mes propos. Je suis moi-même un peu effrayée parfois par le sentiment que j’ai de me sentir différente des autres sur certains aspects et sur certaines conceptions. Mais je m’assume là-dedans, bien que dans la vie réelle, je choisis les gens avec qui partager ce genre de propos. Sans doute certaines nuances viendront teinter mes idées avec le temps.
Je déteste les échecs
24 mars 2008
Est-ce qu’on est toujours le seul et unique responsable de notre bonheur ou de notre malheur? Surtout, est-ce qu’on a toujours un réel pouvoir sur le dit malheur et sa durée dans le temps? Est-ce possible que notre pouvoir sur ce malheur soit faible… plus faible que pour quelqu’un d’autre qui serait dans la même position? Avons-nous toujours une réelle emprise sur ce qui nous arrive ou sur notre capacité à le gérer… à le changer?
J’aime penser que j’ai le contrôle sur ce qui m’arrive. Que même lorsqu’un sac de merde me tombe sur la tête, j’ai le pouvoir de gérer la situation et de me retourner de bord, de me laver afin d’éliminer toute trace de l’événement et de rendre la pareille le moment venu. Cette pensée de réconforte et me donne le sentiment d’être forte et en contrôle de ma vie. Généralement, c’est ainsi que ça se passe parce que j’ai des atouts dans ma manche.
Ce qui ébranle mon assurance, ce sont les histoires de quelques personnes autour de moi. Ceux qui accumulent les sacs de merde sans les mériter et qui n’ont ni douche ni eau courante. Ceux qui sont dans une impasse qui semble sans solutions évidentes. J’ai beau chercher une solution possible à leur situation, chaque fois je me retrouve dans un cul-de-sac. Et me vient l’emphatie de me dire “Osti que j’aimerais pas me lever chaque matin accueillie par l’oppressante odeur de marde.” Quand tu te lève le matin avec à tes trousses les emmerdements de la veille, ça fait chier et ça ternit ta journée. (J’ai vraiment un propos qui tourne autour de l’universel sujet des excrémements. Et là, on est loin du: “La marde te colle au cul”.) J’en connais qui nagent dedans depuis trop longtemps. Qui accumulent les coups de la vie et qui, chaque fois qu’ils sont dans une meilleure passe et qu’ils remontent la pente, s’en font crisser un autre. Le contrôle qu’ils ont sur ce qui leur arrive est limité par toutes sortes de variables. Chaque fois, on doit se sentir épuisé avant même d’avoir combattu. Quel sentiment d’impuissance on doit ressentir.
Un jour probablement, je me retrouverai dans une situation où mes atouts ne seront pas utiles parce que je serai dans une partie d’échecs (jeu dont je n’ai aucune connaissance des règles et donc, où je suis en désavantage). C’est inquiétant les échecs.
Une évidence qu’on oublie
23 mars 2008
Avant le spectacle, on prenait un verre quand mon cousin m’a dit une chose que je ne veux pas oublier. Y’a de ces constats que l’on se doit de garder évident:
“Je suis bien entouré. J’ai toutes sortes de gens intéressants dans ma vie qui m’apportent différents éléments. Alors, je considère que mon amoureuse n’a pas à avoir tous les rôles.”
C’est beau non??
Richard Desjardins en spectacle
23 mars 2008
J’arrive tout juste du spectacle de Richard Desjardins, Kanasuta… J’ai envie de dire à quel point j’ai été rassasié musicalement. Violon, accordéon, contrebasse, piano, guitare… un tout complètement… ehhh… complet… hihi!! J’ai bu quelques verres, alors les mots ne se bousculent pas dans ma tête présentement! Excepté les mots… J’AI ADORÉ!! J’adore entendre Desjardins raconter ses histoires… vous savez, à la Desjardins!! Décidément, je ne trouve pas mes mots ce soir. Vous ne m’en voudrez pas.. je vais aller dormir et demain mon vocabulaire reviendra sûrement.
Du voyeurisme?
22 mars 2008
Je me promenais dans le grand monde de la blogosphère hier (journée trop grise, froide et enneigée pour sortir de chez moi). Et je ne m’y sens pas encore très à l’aise. Je pratique une activité inacceptable dans le monde réel: le voyeurisme. J’ai l’impression de me ballader avec des jumelles et de regarder ce qui se passe chez quelqu’un. En fait, c’est pire que cela… je ne fais pas seulement voir ce que font les autres, je suis témoin de leurs pensées, de leurs joies, de leurs peines, de leurs frustrations, de leurs déboires, de leurs crises existentielles, de leur bonheur… J’ai le sentiment que je ne devrais pas être là, que je ne devrais pas lire ça, que je suis entrée chez quelqu’un sans cogner. Il me semble aussi que tout les blogueurs se connaissent et que je suis la petite nouvelle indésirable qui veut s’intégrer dans leur groupe. J’ai parfois envie de laisser ma trace en laissant un commentaire au passage, mais j’ai peur de recevoir une brique et un fanal: “Qui es-tu? Que fais-tu dans mon univers?”
De la marde blanche…
21 mars 2008
Je ne suis plus capable de la voir, mais surtout, de la pelleter. J’en fais presque des crises d’anxiété. Blanc… blanc… blanc… brun sale… yark! Les premières neiges, je les trouve magiques! Mais ce matin, après tant de chutes de neige en si peu de temps, c’est trop. Vraiment trop! Aujourd’hui, premier jour du congé pascal, je m’enferme chez moi… pas question que je sorte d’ici, c’est trop m’en demander. J’ai baricadé mes fenêtres, je me suis mis des “gougounes” et j’ai inséré dans mon lecteur le disque de Bob Marley… et je fabule sur la plus belle journée estivale de l’année! Je m’invente une journée ensoleillée et chaude! C’est une question de santé mentale… il faut colmater la fêlure de mon équilibre psychique. Que c’est beau l’imagination! C’est ça ou je me couche et je tente de dormir jusqu’au dégel printanier en me nourrissant aux “tites pillules” anti-dépression.
Des livres
19 mars 2008
Dernièrement, j’ai lu Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini et j’ai adoré. Dans la deuxième moitié du livre, j’ai eu souvent la larme à l’oeil. La subtilité du dévoilement des émotions et l’intensité de ces dernières ont eues cet effet sur moi. J’ai été ébranlée par le ravage de la culpabilité illustrée dans ce roman. L’histoire est un peu longue à démarer, mais pour de bonnes raisons. L’auteur campe bien les personnages et leur histoire avant de nous emporter dans l’essence du récit. Superbe!!
Tant qu’à être dans le partage de mes lectures, je ne peux passer sous silence Ensemble, c’est tout d’Anna Gavalda. Je l’ai lu il y a quelques temps déjà, mais ce livre reste mon coup de coeur. J’ai été touché par l’importance des relations humaines illustrée dans cette histoire. L’interdépendance des êtres humains décrites comme capitales, élément oublié dans notre société où l’individualisme prime parce qu’il faut concurencer et performer au détriment du voisin. Beauté dans le partage, la guérison, l’humanisme. Ce livre est à découvrir! Notez que le film du même nom mettant en vedette Audrey Tautou, Guillaume Canet et Laurent Stocker est tout aussi intense. J’ai dégusté le livre et le film avec beaucoup de bonheur.
Printemps
19 mars 2008
Le printemps… saison de tous les bouleversements intérieurs. Sentiments d’insatisfaction, retours en arrière, désirs d’aller de l’avant, questionnements, remises en question, éveil, déséquilibre, désir de changement, regrets, euphorie… ce sont toutes les émotions vives qui se pointent en même temps. Un dégel intérieur. Tout semble amplifié. Ce qui dormait s’éveille et se manifeste. On se sent écartelé entre ce qu’on voudrait et ce que nous avons. Écartelé entre ce que nous avons eu et ce que nous avons perdu… ce qu’on aurait voulu garder. Nostalgie. Une sorte de désir d’avoir tout, de retrouver ce qui était bien, de concerver. Envie de folie, de mille projets, de renouer avec des passions endormies, de retrouvailles, de renouveau, de vivre…
Je suis allée consulter mon ami le dictionnaire et je m’amuse à lire une citation de Flaubert: “On a dans la tête toutes sortes de floraisons printanières. ” Il me semble que cette citation a sa place dans mon bric-à-brac d’idées.
Daniel Bélanger
16 mars 2008
Plannant, enveloppant, délirant…
Je suis sans aucun doute la fan la plus inconditionnelle de Daniel Bélanger. Je l’adore et le vénère. Enfin, après plusieurs années d’attente, je suis allée le voir en solo vendredi soir. J’attendais ce moment avec impatience et excitation. Quel spectacle nous avons eu! Quel artiste il est! J’ai été franchement heureuse d’entendre des chansons de tous ses albums. Je me suis imaginée en train de vivre sa tournée de spectacles de Tricycle… grand deuil de ma vie! La salle était remplie de gens de tous âges vendus à l’avance à son talent et à son humour particulier.
Le lendemain, en parlant avec l’autre fan finie avec qui j’étais allée voir le show, nous avons décidé de nous réserver d’autres billets pour son spectacle. Quel bonheur celui de compter les jours avant ma prochaine rencontre musicale avec ce grand artiste!!
Un long retour!
11 mars 2008
“Ah!! La semaine de relâche!! Enfin!!” que je me suis dit. Tout est parfaitement organisé: on part pour la République Dominicaine samedi le premier mars et on revient samedi le 8 mars. J’aurai ainsi toute une journée pour me reposer de la longue journée de transport avant le retour au travail. Effectivement, la semaine se déroule merveilleusement bien. Le soleil est au rendez-vous tous les jours, il fait 32 degré avec un vent bienfaiteur qui nous tient relativement au frais sous ce soleil de plomb. Le bronzage va bon train, nos verres sont toujours remplis, la nourriture est bonne, l’hotel est propre… manque seulement à mon bonheur un café digne de ce nom, dépit de chacune de mes journées. Seul autre nuage à mes vacances (et c’est le lot de chacun de mes voyages avec des copines) c’est l’attente: l’attente quotidienne associée à l’heure de la douche. Je n’en reviens jamais de tout ce qui peut se trouver dans une trousse de beauté féminine. Sur ce plan, j’ai toujours eu le sentiment de me situer davantage du côté masculin: Déo, parfum, rasoir, une crème et hop!! J’ai pourtant tout essayer pour ne pas avoir le sentiment d’une attente interminable: prendre ma douche en second, faire une sieste, lire… rien n’y fait, je finis toujours par attendre. Enfin!! Je disais donc que tout se déroulait parfaitement jusqu’au jour du départ. L’heure prévu du dit départ de l’hotel est minuit. Vers 17h, nous allons à la réception à attendre qu’on nous assigne une chambre pour aller nous doucher. Cette chambre ne vient que deux heures plus tard innondée d’eau et dépourvue de serviettes.
Après le souper, vers 20h, une rumeur commence à circuler à l’effet qu’une tempête fait rage au Québec. Des gens commencent à téléphoner parents et amis, d’autres vont voir les conditions et les vols sur le net. La rumeur grossis à mesure que les infos arrivent de part et d’autre. Les vols sont reportés ou annulés depuis la matinée, on dit qu’il est tombé 30, 40, 50 cm de neige, qu’il y a du verglas, qu’il y a des vents de 90 km/h. Pendant les quatre heures qui nous séparent du départ, les gens ne font que parler de cette fichue tempête. On va vérifier régulièrement à la réception si un fax de la compagnie aérienne est arrivé. Aucune nouvelle. La réception et ses alentours ressemblent à une ruche d’abeilles en plein travail. On tente de rejoindre notre représentant qui commencent par nous dire “que todo esta bien, no hay problema”, puis qui finit par ne plus répondre après avoir raccroché au nez d’un vacancier. On se sent un peu abandonné et frustré de ne pas savoir ce qui se passe. Puis, à minuit, quelqu’un vient nous expliquer que notre vol est annulé pour raison de tempête, que la compagnie a fait des arrangements avec l’hotel et que nous restons pour la nuit. Nous devons tous nous lever à 6h pour venir à la réception vérifier les nouvelles… pas question qu’on nous donne l’information par téléphone à partir de la chambre. Le temps qu’on nous assigne de nouvelles chambres, il est deux heures lorsqu’enfin on ferme les lumières pour une sieste. La nuit est courte. Le lendemain matin, on apprend que notre vol est prévu pour minuit; nous quittons donc l’hotel autour de 21h. Certains sont très frustrés et d’autres comme moi prennent la chose du bon côté. Nous avons eu la chance de se voir assigner de nouvelles chambres et de gagner une journée de soleil et de plage. C’est toujours mieux qu’une attente de 24 heures à l’aéroport, surtout dans cet aéroport. Et quand on pense à ces pauvres gens qui eux attendent pour partir de Montréal et qui voient leurs vacances écourtées, on se réjouit de notre situation. En plus, nous avons manqué deux tempêtes, ce qui n’est pas déplaisant avec l’hiver que nous avons jusqu’à maintenant. Cette journée est tout de même moins paisible. On appelle nos employeurs pour leur annoncer qu’on ne rentrera pas au travail lundi. On appelle la famille pour les rassurer sur notre situation. On transporte pour la troisième fois nos bagages du troisième étage. On pense à la voiture qui est probablement ensevelie sous la neige à l’aéroport et à la voiture qui est dans la même situation à la maison. On anticipe avec très peu d’enthousiasme la cour qui devra être déneigé après une nuit (presque deux) blanche. Puis, on apprend que le vol est encore une fois retardé. Départ prévu à minuit de l’hotel. La frustration de certains voyageurs est au comble. On finit par quitter l’hotel… enfin!! Longue attente à l’aéroport avant l’embarquement. Tout se passe bien durant le vol. Arrivé à Montréal, on apprend qu’il y a un problème avec le caroussel à bagages. Tous, nous nous regardons et nous avons envie de rire tellement ça devient ridicule. Nous finissons pour avoir nos bagages.
On embarque dans l’autobus qui nous transporte jusqu’à notre stationnement. Quand on informe le chauffeur de notre numéro d’emplacement, il nous répond qu’il ne pourra pas s’y rendre, qu’on devra descendre à un autre arrêt. Décidément, rien ne peut être simple. On se rend à la voiture qui est effectivement sous la neige. Armée de ma pelle, que j’avais miraculeusement eu l’idée d’apporter, j’essaie de dégager les roues et le bordage. Je suis épuisée. Il faut dire qu’à ce moment, j’ai 6 heures de sommeil dans le corps, dont deux dans l’avion et que je suis debout depuis 54 heures. Nous n’arrivons pas à sortir la voiture de là. Les roues sont sur de la glace. Elle ne bouge pas d’un poil. Jusque là, j’ai pris la situation de façon très positive, mais là, je n’en peux plus. Je veux arriver chez moi pour DORMIR un peu. Et je suis la personne qui peut nous sortir de la présente situation. Mon amie est une fille-fille. Pas forte forte sur la pelle; elle affirme que sa voiture est une traction arrière alors qu’il apparaît évident, au moment où elle fait tourner ses roues intensément (ce qui n’aide pas la cause), que c’est une traction avant. Bref! Si je veux sortir de là, il faut que je compte sur moi et moi seule. Mon amie me dit qu’elle est membre du CAA. Allélouia!!! Elle appelle et on lui répond que les délais sont de 20 minutes à deux heures. DEUX HEURES!!! Il me semble clair qu’avec tout ce qui s’est passé depuis les deux derniers jours, il faut plus s’attendre à deux heures. C’est le comble. Je sens la pression monter en flèche. Je reprends la maudite pelle en me répétant que cette maudite voiture va sortir de ce maudit stationnement… et pas dans deux heures, j’en donne ma parole. Je finis de libérer de devant de la voiture d’environ deux pieds, j’embarque dans la voiture et je me prépare mentalement. J’embraye en première… j’appuie sur l’accélérateur… il bouge, miracle… je mets immédiatement du reculon et je sors de là, victorieuse et pleine d’amour envers moi-même. Ma réflexion fut la suivante: comment est-il possible qu’une femme comme moi… belle, fine et si débrouillarde soit encore célibataire? (Je ne me suis pas répondu que c’est justement ce qui peut faire peur: une femme autonome et indépendante, ça fait souvent peur aux hommes – mais ne nous écartons pas du sujet.) J’étais si heureuse de mon accomplissement, je dansais de joie dans le fichu stationnement que je venais de libérer. Ma joie a été courte, la fatigue reprenant immédiatement le dessus. Le retour s’est fait agréablement, un bon café en main (enfin!) et un sandwich. Les routes parfaitement dégagée et le soleil qui plombe. Après 58 heures d’attente et de transport, je suis arrivée chez moi.
Il me reste à sortir ma voiture du banc de neige dans lequel elle se trouve…