Des mots qui font du bien
29 avril 2008
Mon amie M (que j’adore)… dans une discussion MSN. Parce que ses mots sont généreux et beaux… et que je veux les concerver. Ce n’est pas tous les jours qu’on reçoit des mots comme ceux-là:
“Moi, je pense que tu es une fille géniale qui vit plein d’histoires rocambolesques dont la vie et les ambitions sont loin d’être ordinaires… ce qui fait que j’ai seulement une amie comme toi et que je t’aime autant!”
Que ça fait du bien à recevoir! Et que je suis chanceuse d’avoir une amie comme elle!!
J’arrête de respirer.. ahah!!
27 avril 2008
Pas plus motivée que ça à faire mon ménage, j’ai trouvé sur internet la partition de la toune que je suis en train d’écouter. J’essaie de jouer The needle and the damage done de Neil Young… ahahah!! Je deviens toute crispée et j’oublie de respirer tellement je suis concentrée. Respire… respire!! Mais ça s’en vient… à petits pas, mais quand même…
[...]
J’y arrive… yahhh!! Ben… les 4 premières mesures… hihi… après, ça se gâche un brin!! Mais quand même!! C’est génial!!
Décrocher ou Une vie dans une vie
27 avril 2008
On est souvent pris par un paquet de responsabilités qui occupent beaucoup de notre temps, qui nous préoccupent, qui nous tiennent réveillés la nuit à chercher des solutions ou à faire l’inventaire de ce qu’on ne doit pas oublier. On court, on se stresse, on oublie de s’arrêter. Une grande partie de notre vie est consacrée à faire en sorte qu’on puisse payer les comptes. On est en quelque sorte esclave de ses responsabilités. Le travail prend souvent beaucoup de place en temps et en énergie. On revient fatigué et on dépense la balance de notre précieux temps à des activités débilitantes tel le courriel, le blog, la télévision, etc.
Un jour à la radio, j’ai entendu une femme dire: “Je garde en tête que chaque journée est composée de 8 heures de sommeil, 8 heures de travail et 8 heures de loisir. J’investie dans ces 8 heures de loisir parce que c’est à qu’est réellement ma vie.” Bien que ces paroles soient une évidence, on passe régulièrement à côté de ces 8 heures qui nous appartiennent vraiment et durant lesquelles on peut tout décider, tout faire et vivre pleinement la vie que l’on désire. On se trouve toute sorte de raisons pour rester dans notre petite vie: fatigue, l’impression de se reposer devant la boîte à images, etc. Moi, c’est durant ces 8 heures de loisir que je me sens le plus vivante. C’est durant ces 8 heures que je peux dessiner ma vie et faire ce qui me représente vraiment… comme tout le monde probablement. Je ne veux pas oublier qu’elles sont disponibles ces 8 heures à tous les jours et qu’il n’en tient qu’à moi de les utiliser et de les vivre pleinement.
Tout ça me vient suite à ma journée de vendredi. Un 25 avril. J’étais libre un peu plus tôt. En milieu d’après-midi, j’ai fait le tour du lac Brome à vélo avec une amie. Le coin est magnifique. Cette simple activité était en soit un plaisir extrême… le vent, le soleil, les odeurs, les couleurs, le paysage… hum!! On est arrêtée à Knolton prendre un verre sur une terrasse. Au retour, on s’est fait un repas et nous avons mangé accompagnées du soleil de fin de journée. Superbe! Un bon vin, une couverture, un brin de soleil, un bonne discussion et voilà! Nous avons terminé nos bouteilles près du feu. Premier feu de l’été… wow!! On était tellement bien! Quand la fatigue à pris le dessus, on a sorti notre équipement et on s’est installée dans la tente. Première nuit de camping… yahhh!! C’était une soirée parfaite. Et on ne cessait de se le répéter. Ce sont d’ailleurs les derniers mots que j’ai entendu avant de sombrer dans un sommeil réparateur. Il faisait juste assez froid pour qu’on se sente parfaitement bien dans notre sac de couchage.

C’est très risqué de prendre une photo à vélo… j’ai failli y rester. Ahah!
Ce qui me fait le plus de bien est souvent improvisé et hors des habitudes. Le printemps dernier, j’étais assise dehors à l’école et je regardais la fine pluie tomber. Il faisait chaud, les feuilles commençaient à se pointer le nez… c’était superbe. M’est venue une envie intense (vraiment envahissante) de dormir dehors. Un jeudi en pleine semaine de travail. J’ai appelé cette même amie et nous nous sommes données rendez-vous au parc du mont Orford où nous avons loué des places dans un relai de bois rond. Après le travail, je suis passée chez moi prendre mes trucs et je l’ai rejoint. En mettant le pied à Orford, le soleil s’est fait un espace entre les nuages et nous a suivi tout le reste de la soirée. C’était magique… il nous attendait. Nous avons marché jusqu’au relai avec notre équipement. Cette marche était vivifiante (vous savez, comme toute activité retrouvée quand le printemps arrive enfin). On était vraiment bien et heureuses sous ce soleil et avec la nature que se réveille enfin. En arrivant, j’ai allumé le feu à l’extérieur. Nous avons cuisiné un repas gastronomique et nous avons vidé deux bonnes bouteilles de rouge. Quand il a commencé à faire trop froid, j’ai rentré un buche allumée dans le relai. Nous avons terminé cette superbe soirée couchées près du poêle à bois à se dire à quel point c’était parfait et vivant comme soirée. Tout aurait été parfait si je n’avais pas embarré mes clés dans l’auto juste avant de partir… petit retard au boulot. Ahah! Tout ça pour dire que ce jour-là, j’ai eu l’impression de vivre une vie dans une vie. Une fin de semaine complète entre le jeudi soir et le vendredi matin.
Autre habitude que j’avais prise un printemps il y a deux ans et qui me faisait un bien fou. Après le travail, je partais faire ma “run de lait”. Je ramassais quelques amis avec leur guitare, la bière, le lunch et on se rendait à la plage Fraser… encore dans le parc national du mont Orford. On arrivait à 5 heures, on chantait, on buvait, on mangeait, on jasait, on se baignait… et on regardait le soleil se coucher. Vers 10h, j’allais reconduire tout ce beau monde et on remettait ça la semaine suivante. Je décrochais vraiment. Plus que simplement aller prendre un verre ou aller au restaurant. Sortir de la ville, du quotidien, de la routine habituelle… Et on revient le lendemain au travail avec le sentiment d’avoir vécu.
De quelle façon sortez-vous du quotidien?
On ne sait pas
25 avril 2008
Ma chum et collègue, une jeunesse de 53 ans, folle, drôle, nouvellement en amour (elle est vraiment “lover”… une vraie gamine quand elle parle de son homme), une voyageuse dans l’âme, une conteuse, on l’aime…
Vendredi matin, comme à l’habitude, on accueille les élèves à la porte en riant aux éclats parce qu’elle nous raconte encore une anecdote croustillante. La journée se déroule normalement et elle nous quitte pour la fin de semaine avec le sourire. Lundi matin, on apprend qu’elle est aux soins intensifs. Elle est entrée d’urgence à l’hopital en convulsions. À deux reprises, ils ont perdu ses signes vitaux. Elle est passée très près de la mort. Elle fait une pneumonie sévère. Aucun signe évident avant la fièvre. 24h seulement après le début de cette fièvre, elle se retrouve entre la vie et la mort. Elle a appris que si elle avait attendu un brin, elle y restait. Tab…
Je l’ai vu ce soir. Elle nous a accueilli avec un sourire… wow!! Elle va mieux même si elle est très faible. J’étais tellement contente de voir ma chum… vivante. Maudit que je me suis inquiétée.
On connait tous des histoires comme celle-là, mais on oublie trop vite les leçons à en tirer. Profiter de ce qu’on a au lieu de chialer sur ce qu’on n’a pas. Saisir chaque moment. Agir au lieu de regarder. Vivre. Dire aux gens qu’on les aime… parce qu’on ne sait pas.
C’est elle qui me dit souvent: “Profite ma belle! Profite maintenant! Dépense-là ton argent pour voyager, pour tripper, pour vivre. Je n’ai jamais placé une cenne… mais j’ai voyagé en maudit et j’ai vécu. On ne sait pas quand la mort va frapper, je risque d’être six pieds sous terre ben avant d’avoir le loisir de profiter des dollars que j’aurai accumulés. J’aime mieux me retrouver sur mon lit de mort avec ben des souvenirs et une vie remplie qu’avec ben des regrets et un compte en banque ben plein.”
Bon matin…
20 avril 2008
Malgré le superbe soleil ce matin, je commence ma journée en maudit. J’étais dans mon lit et ça faisait pratiquement 45 minutes que le bruit d’un compresseur me tenait réveillée. Je me lève et je regarde par la fenêtre pour constater la raison de ce bruit… un innocent de voisin nettoie sa cour à grand coup d’eau. Pis pas juste un peu… il faut que la cour soit parfaitement propre. Osti!! Ça me met vraiment en maudit!! Et tant que je vais entendre le compresseur, je vais rester en maudit. MAUDITE GANG D’INNOCENT!! Je ne suis pas une “freak” du geste écolo, mais je pense qu’on peut changer quelques petites habitudes qui peuvent contribuer… Et quand je fais ces petits gestes, je les fais consciemment.
Dans ma ville, une des rares je pense au Québec, tous les habitants ont des bacs de compostage maintenant. Il est donc très simple de rajouter ce geste vert dans notre quotidien. Dès que nous les avons eu, j’ai commencé à y mettre les matières organiques de la maison. Mon osti de voisin met ses vidanges dans le bac de compostage. Qu’il ne fasse pas de récupération ni de compostage, c’est une chose. Mais qu’il mette ses vidanges dans les bacs qui y sont destiné, ça me fait chier… parce que ça bousille les gestes que moi je fais.
Je vais donc faire ma part pour compenser tous ces “morrons” en énumérant des petits gestes faciles du quotidien qui peuvent faire une petite différence (d’un coup que ça m’aiderait en me changer d’humeur):
- Utiliser un balai pour nettoyer sa cour
- Placer une bouteille de pastique remplie d’eau dans le réservoir des toilettes (diminue la quantité d’eau utilisée)
- Régler le lave-vaisselle au cycle court; le partir quand il est rempli
- Garder un pichet d’eau au réfrigérateur
- Utiliser des sacs réutilisables pour les courses
- Éviter d’acheter des portions individuelles
- Utiliser des contenants réutilisable (gourde, tasse à café, etc.)
- Acheter des mouchoirs, essuie-tout et papier de toilette fait de matières recyclées
- Baisser le chauffage quand on est absent
- Fermer les lumières
- Acheter des produits québécois (moins de transport)
Y’en a une tonne d’autres, mais c’était pour l’idée. Bon… fini la montée de lait. Je vais profiter du soleil sur mon balcon avec un bon café!!
Décidément
15 avril 2008
Je devais vraiment être dûe pour sortir de mes gonds aujourd’hui. Une n’attend pas l’autre. À quel moment il faut décider de sortir une personne (qu’on aime malgré tout) de sa vie? Elle est où la limite de ce qu’on peut accepter et laisser passer? La décision est difficile à prendre parce qu’elle fait mal. Mais vient un moment où, pour se préserver, c’est inévitable. Je me sens bien triste!… Après la colère!!
[...]
Je viens de faire un choix. C’est fait! Et ça fait mal. Je me suis choisie. J’ai décider de miser sur ce qui est davantage positif dans ma vie, qui m’alimente, me stimule, me donne le goût d’être meilleure. Y’a de ces choix qui sont difficiles à faire…
Avec tout ça, je n’ai pas travaillé et je n’ai réussi qu’à écrire deux billets plutôt ennuyants… mais libérateurs.. ahah!!
Ça fait du bien de péter les plombs!!
14 avril 2008
J’ai vraiment pété les plombs tout à l’heure. Je me suis surprise moi-même, mais maudit que ÇA FAIT DU BIEN! Ahahahah!!
Petite mise en contexte: Je suis enseignante en adaptation scolaire et je suis titulaire d’une classe ressource… vous savez, ces classes poubelles dans lesquelles on “park” les enfants qui n’ont leur place nul part et qu’on oublie dès que leur candidature est acceptée. Je deviens donc le service de ces élèves puisqu’en étant dans ma classe, ils n’ont plus droit à rien. Je suis leur enseignante, leur éducatrice, leur technicienne, leur orthopédagogue, leur orthophoniste, leur psychologue, leur ergothérapeute et parfois même un peu leur mère. J’ai, dans ma classe, des enfants décifients intellectuels, des troubles dyslexiques, des troubles dysorthographiques, des dysphasiques, des dyspraxiques, des troubles d’audition centrale, des troubles de comportements, “name it”. Ils ont entre 9 et 11 ans. Ils se situent entre la 1e et la 4e année et j’en ai 16… c’est énorme. Je nage quotidiennement dans l’énorme océan de ma tâche et j’essaie de survivre avec ce que j’ai.. c’est-à-dire, pas grand chose. Mais ne vous en faites pas pour moi, bien que je termine chaque année vidée, désabusée par le manque de service pour ces enfants, triste et frustrée par le système, j’adore cette clientèle et pour l’instant, je ne changerais pas de souliers.
Cet après-midi, on avait une réunion de bilan du point de service. Un des points à l’ordre du jour: bilan du déploiement, et donc du service, des techniciennes en éducation spécialisé. Chacun y allait de sa satisfaction par rapport aux services, de ses suggestions pour l’année à venir et de son vécu dans sa classe. Et chaque fois montait en moi un sentiment d’injustice (et une impuissance) que j’avais du mal à contenir. Ils ont 7 ou 8 élèves ayant tous la même problématique, à peu près tous du même niveau et ils ont DES SERVICES. Dans ma tête résonnait les mêmes mots: “moi, je dois tout faire toute seule et ma tâche est deux fois plus lourde que la leur.” Une boule se formait en moi que je tentais de contrôler. Mais, comme fin d’année signifie également essoufflement, je n’y arrivais pas. Trop émotive! Quand tout le monde s’est exprimé sur son vécu de l’année, j’ai réalisé que puisque je n’avais pas eu de services, on ne prendrait pas le temps de faire le bilan du vécu de la classe ressource. La pression est monté en flèche. J’étais en TABARNAK. On est toujours les oubliés. Que le gouvernement se foute de ces enfants, c’est une chose sur laquelle ma petite personne à peu d’emprise… mais que mon milieu les passe sous silence… Je MORDS. J’ai explosé! Si j’avais la faculté de rougir, j’aurais pris des teintes probablement très révélatrices. J’ai explosé et tout ce que j’avais sur le coeur depuis des mois (pour ne pas dire des années) est sorti sans nuance. J’ai saisi tout le monde… moi la première en fait. Consciente qu’on ne peut pas changer grand chose à la situation et que je doive vivre avec (ou changer de clientèle, ce qui est hors de question tant que j’y arrive parce que j’aime cette clientèle), je fais mon boulot du mieux que je peux avec les moyens que j’ai.
Ça m’a fait du bien d’écrire tout ça. Maintenant, comme je déteste l’over time parce que j’ai une vie en dehors du travail (beaucoup d’enseignants s’oublient et c’est pas mon cas), j’ai accumulé beaucoup de corrections… fin d’étape. Je m’y mets donc ce soir accompagnée de mon ami Neil Young et probablement plus tard de mon ami Vino Tinto. Go… assez perdu de temps!!
L’histoire du réfrigérateur
12 avril 2008
Est-ce que les filles indépendantes et autonomes doivent devenir des “fifilles” pour plaire? Je me pose souvent la question et je m’amuse à caricaturer cette idée en présence de mes amis masculins. Le principe serait que l’homme aime sentir qu’il peut jouer son rôle d’homme dans son couple. Celui dont on a besoin pour les besognes masculines et pour nous protéger des dangers qui se placent sur notre route quotidiennement tel une porte ou une marche… ahah!!
Est-ce que le fait…
de pouvoir poser un cadre seule;
d’être habile à peinturer;
de préférer ouvrir les portes seule;
d’être capable de réparer quelques trucs manuellement;
d’aimer jouer dans la “bouette”;
d’aimer les petits travaux manuels;
d’avoir le sens de l’orientation;
de mettre un vers au bout d’une ligne, d’être capable d’arranger mes prises;
de partir les feux et de les entrenir même je me salis les mains;
etc.
… fait de moi quelqu’un de moins intéressant pour les hommes???
Quelques petites anecdotes à ce sujet. Commençons par la plus mémorable d’entre toutes:
Il y a quelques années, nous sommes à déménager un couple d’amis. Au moment de passer le réfrigérateur par la porte, les gars (4 gaillards dans la trentaine et le père de mon amie) réalisent qu’il ne passe pas. Ils sont 5 mâles dans l’entrée qui énumèrent toutes les possibilités pour résoudre le problème d’hommes: “on pourrait enlever la porte d’entrée.”; “on pourrait enlever la porte du frigo.”; “non, on devrait essayer par la porte arrière.”; etc. Je les regarde faire et j’observe la situation. Je suis convaincue que le frigo passe s’il réessaie en tournant le frigo de l’autre côté et en ouvrant la porte. Du haut de mes 5 pieds 2, le petit bout de femme que je suis leur fait part de mon idée. “Les gars, tournez-le et ouvrez la porte. En passant la porte d’abord, il passe!” Il me regarde et se remettre à évaluer la situation sans plus d’attention à mon idée. J’en reviens pas!! Je leur donne la solution sur un plateau d’argent et ils font comme si je n’avais rien dit. Il ne prennent même pas la peine d’y réfléchir. Je les laisse discuter un peu et je reviens à la charge: “Les gars, j’vous l’dis! Si vous le retournez et que vous ouvrez la porte du frigo, en passant la porte en premier, il passe… c’est simple!” Toujours aucune réaction!! Ben maudit! Une fille ne peut pas avoir l’oeil comme ça et résoudre un problème d’hommes.. c’est ça? Surtout s’ils sont déjà plusieurs mâles à réfléchir au problème. Je m’adresse donc directement à Christian, le père de mon amie. Je lui répète mon idée, je suis convaincue que ça fonctionnera. Christian réfléchit un peu, se retourne et dit aux gars: “Hey! on le tourne en ouvrant la porte. On passe la porte en premier, ça devrait passer.” Quelle ne fût pas ma surprise quand j’ai entendu mes gaillards-amis s’exclamer: “Ben oui!! Ça va passer de même!” Osti!! Effectivement, 30 secondes après, le frigo était dans l’appart. Un seul d’entre eux est venu me voir pour me dire qu’il regrettait de ne pas avoir pris en considération ma merveilleuse idée. Je n’étais pas peu fière!!
Nous avons passé l’avant-midi à grimper Maxime et moi. Au moment du dîner, on prend notre lunch et on grimpe sur une énorme roche tout près pour s’y installer et manger au milieu de cette belle forêt. Au moment de redescendre, Maxime me précède, descend et me tend la main pour m’aider à descendre. Ahahah!! Je viens de passer 3 heures à grimper une immense paroi et le voilà qui me tend la main pour m’aider à descendre d’une “roroche”.
Nous sommes sur une terre à bois isolée en ce début du mois de septembre. Nous avons réunis plusieurs amis pour une soirée festive autour du feu. Mon beau-frère essaie de monter sa nouvelle tente. Je viens lui offrir mon aide qu’il refuse parce qu’il sait comment monter une tente et qu’il n’a pas besoin de sa belle-soeur pour le lui montrer. Alors, je le regarde se débattre seul avec sa proie. Comme il semble sur le point de perdre la partie, j’essaie de lui suggérer… “non, non, ça va!!” Je continue de le regarder se démener et je m’amuse de la scène. Il y a longtemps que la tente serait debout s’il me laissait lui donner un coup de main. Comme il commence à devenir tout rouge, je prend l’initiative de prendre un coin de la tente pour pousser l’arceau en même temps que lui. La tente lève en même temps que les yeux de mon beau-frère mal à l’aise. Hihi!!
Ces anecdotes illustrent mon idée de départ soit le fait que les hommes apprécient sentir qu’ils ont un rôle de protecteur et sentir qu’on a besoin d’eux pour les besognes techniques. Si je regarde autour de moi, je constate que la majorité de mes semblables entrent très bien dans ce moule des rôles. Et j’ai rien contre cela. Là n’est pas l’idée que je veux exprimer. Mon questionnement se situe ailleurs. Est-ce que je dois nier un brin ma nature pour laisser à l’homme une place afin qu’il puisse jouer son rôle d’homme? Est-ce que d’être trop indépendante rend la femme moins intéressante? Enfin! Un peu de n’importe quoi pour alimenter ma soirée tranquille!!!
Plaisirs printaniers
8 avril 2008
Aujourd’hui, je terminais d’enseigner à 2h. Au lieu de m’avancer dans mon travail, j’ai décidé de m’éclipser en douce. C’est la faute du soleil. Il me narguait de la fenêtre.
J’ai décidé de nettoyer ma plate-bande.. wow!! Une veste de jeans manches relevées, le soleil dans le dos et les deux mains dans la terre. Maudit qu’on pense à rien quand on nettoie une plate-bande. Le vide, le calme, les feuilles mortes, les brindilles et c’est tout. Ma charmante voisine septuagénaire est venue admirer mon beau travail et prendre de mes nouvelles. Je retrouve ces échanges agréables avec les gens qui m’entourent. Quel plaisir!
J’apprécie ces échanges de passage. Il y a tellement de gens qu’on voit régulièrement et à qui on n’adresse jamais la parole. C’est un peu triste il me semble. Cette réalité m’a frappé un jour à la petite café de l’Université. Chaque jour, j’allais y acheter mon café matinal. Il y avait deux femmes qui y travaillaient et chaque matin, je me disais qu’elles prenaient probablement bien soin de laisser leur bonne humeur et leur savoir-vivre à la maison. Sans jamais me regarder, elles calculaient le montant de ma facture et m’en informaient sur un ton tout à fait désagréable. Elles me donnaient ma monnaie et passaient au suivant sans plus de gentillesse. Un matin, alors que l’une d’elles me signifiait combien je lui devais, je lui ai dit bonjour. Cette femme a levé les yeux sur moi en me regardant d’un air surpris. Je lui ai demandé comment elle allait… J’ai compris qu’au fond, ce n’était pas elles qui laissaient leur savoir-vivre à la maison, c’était les centaines de personnes qui passaient par là chaque jour et qui ne les regardaient pas. Tous les matins qui ont suivi, j’ai pris le temps de saluer ces deux femmes et de leur faire un brin de jasette. Ce petit geste insignifiant commençait bien ma journée et je pense sincèrement que ça faisait un peu la leur. Elles me faisaient maintenant un accueil chaleureux que je leur rendais bien.
Tout ça pour dire que je suis bien contente de retrouver l’environnement dans lequel je vis – parce que jusqu’ici, il était bien caché sous des tonnes de neige. Le ciel s’est couvert. Je ne pourrai pas en profiter comme j’en avais envie. Je vais profiter de ma soirée autrement: petit souper entre amis, bon vin, cinéma… une belle soirée en perspective.
August Rush
6 avril 2008
Je ne sais pas ce qui m’a fait autant accroché à ce film…
http://augustrushmovie.warnerbros.com/mainsite/index2.html
Je viens tout juste de le visionner et je suis sous le charme (ou sous le choc). Est-ce que c’est que j’étais disposée à ce genre de film ce soir ou c’est bel et bien le pouvoir de la musique illustré dans ce film qui m’a touché? Parce que la musique a un pouvoir certain. Parce que la musique c’est notre histoire et celle des autres. Parce que la musique c’est une transcription de nos émotions. Parce que la musique c’est rassembleur. Parce que la musique c’est vibrant. Elle vient chercher ce qu’il y a de plus profond en nous. Elle nous choque, elle nous transporte, elle nous parle… elle parle parfois à notre place. Elle transmet ce que l’on est. Elle est un album de nos souvenirs…
Hier, j’ai passée la soirée avec des collègues et amis. Clara, qui est originaire de la Colombie et qui habite au Québec depuis 18 ans, nous racontait qu’elle venait de se procurer un radio satellite (?? Moi et la technologie… je ne m’y retrouve pas… quelque chose comme ça) qui lui permet d’écouter de la musique de partout. Elle nous racontait comment elle trippe à écouter la musique de son pays parce que cette musique la transporte dans ses souvenirs.. dans son pays. Une chanson lui rappelle sa mère, une autre lui rappelle son premier amour, etc. Cette musique la bouleverse. J’ai été frappée par le fait que Clara, depuis 18 ans, est privée de cet album de souvenir. Frappée par le fait qu’elle n’a pas pu, tout comme nous, se faire surprendre dans son auto par la chanson de son premier “slow” ou par celle que lui chantait sa mère pour l’endormir le soir. Comme elles sont importantes ces chansons qui nous rappellent qui nous sommes et par où nous sommes passés. Comme cette nostalgie de ce que nous avons été et vécu est vivante au fond.
Je ne pourrais vivre sans cette musique. Elle me fait vibrer. Quand les poils de mes bras se dressent parce que ce que j’entends me bouleverse, me traverse, me transperse, je me sens vivante. Parce que j’ai la chance de ressentir autant la musique. C’est pas donné à tout le monde de ressentir la musique jusque dans son ventre. Une note parfaite au bon endroit et le frisson qui me parcourt le dos comme un courant électrique. (Ayoye!! Je suis vraiment dedans là!) Je ressens un peu la même chose avec la danse. C’est comme si je pouvais exprimer ce que je suis réellement en dedans. Pour la musique, même si ce n’est pas moi qui la joue, c’est comme ça que je le ressens. Comme si elle traduisait ce que j’aurais voulu dire moi-même, ce que je suis profondément. Et quel bonheur quand je peux partager cette passion avec quelqu’un. J’ai deux ou trois amis aussi intenses que moi avec qui je peux vraiment partager ces moments délicieux.
Ouf! Ce film m’a vraiment parlé. Même s’il était un brin exagéré, il faut se laisser porter par la magie.