Décrocher ou Une vie dans une vie

27 avril 2008 at 3:27 (Les quotidienneries, À voix haute)

On est souvent pris par un paquet de responsabilités qui occupent beaucoup de notre temps, qui nous préoccupent, qui nous tiennent réveillés la nuit à chercher des solutions ou à faire l’inventaire de ce qu’on ne doit pas oublier. On court, on se stresse, on oublie de s’arrêter. Une grande partie de notre vie est consacrée à faire en sorte qu’on puisse payer les comptes. On est en quelque sorte esclave de ses responsabilités. Le travail prend souvent beaucoup de place en temps et en énergie. On revient fatigué et on dépense la balance de notre précieux temps à des activités débilitantes tel le courriel, le blog, la télévision, etc.

Un jour à la radio, j’ai entendu une femme dire: “Je garde en tête que chaque journée est composée de 8 heures de sommeil, 8 heures de travail et 8 heures de loisir. J’investie dans ces 8 heures de loisir parce que c’est à qu’est réellement ma vie.” Bien que ces paroles soient une évidence, on passe régulièrement à côté de ces 8 heures qui nous appartiennent vraiment et durant lesquelles on peut tout décider, tout faire et vivre pleinement la vie que l’on désire. On se trouve toute sorte de raisons pour rester dans notre petite vie: fatigue, l’impression de se reposer devant la boîte à images, etc. Moi, c’est durant ces 8 heures de loisir que je me sens le plus vivante. C’est durant ces 8 heures que je peux dessiner ma vie et faire ce qui me représente vraiment… comme tout le monde probablement. Je ne veux pas oublier qu’elles sont disponibles ces 8 heures à tous les jours et qu’il n’en tient qu’à moi de les utiliser et de les vivre pleinement.

Tout ça me vient suite à ma journée de vendredi. Un 25 avril. J’étais libre un peu plus tôt. En milieu d’après-midi, j’ai fait le tour du lac Brome à vélo avec une amie. Le coin est magnifique. Cette simple activité était en soit un plaisir extrême… le vent, le soleil, les odeurs, les couleurs, le paysage… hum!! On est arrêtée à Knolton prendre un verre sur une terrasse. Au retour, on s’est fait un repas et nous avons mangé accompagnées du soleil de fin de journée. Superbe! Un bon vin, une couverture, un brin de soleil, un bonne discussion et voilà! Nous avons terminé nos bouteilles près du feu. Premier feu de l’été… wow!! On était tellement bien! Quand la fatigue à pris le dessus, on a sorti notre équipement et on s’est installée dans la tente. Première nuit de camping… yahhh!! C’était une soirée parfaite. Et on ne cessait de se le répéter. Ce sont d’ailleurs les derniers mots que j’ai entendu avant de sombrer dans un sommeil réparateur. Il faisait juste assez froid pour qu’on se sente parfaitement bien dans notre sac de couchage.

C’est très risqué de prendre une photo à vélo… j’ai failli y rester. Ahah!

Ce qui me fait le plus de bien est souvent improvisé et hors des habitudes. Le printemps dernier, j’étais assise dehors à l’école et je regardais la fine pluie tomber. Il faisait chaud, les feuilles commençaient à se pointer le nez… c’était superbe. M’est venue une envie intense (vraiment envahissante) de dormir dehors. Un jeudi en pleine semaine de travail. J’ai appelé cette même amie et nous nous sommes données rendez-vous au parc du mont Orford où nous avons loué des places dans un relai de bois rond. Après le travail, je suis passée chez moi prendre mes trucs et je l’ai rejoint. En mettant le pied à Orford, le soleil s’est fait un espace entre les nuages et nous a suivi tout le reste de la soirée. C’était magique… il nous attendait. Nous avons marché jusqu’au relai avec notre équipement. Cette marche était vivifiante (vous savez, comme toute activité retrouvée quand le printemps arrive enfin). On était vraiment bien et heureuses sous ce soleil et avec la nature que se réveille enfin. En arrivant, j’ai allumé le feu à l’extérieur. Nous avons cuisiné un repas gastronomique et nous avons vidé deux bonnes bouteilles de rouge. Quand il a commencé à faire trop froid, j’ai rentré un buche allumée dans le relai. Nous avons terminé cette superbe soirée couchées près du poêle à bois à se dire à quel point c’était parfait et vivant comme soirée. Tout aurait été parfait si je n’avais pas embarré mes clés dans l’auto juste avant de partir… petit retard au boulot. Ahah! Tout ça pour dire que ce jour-là, j’ai eu l’impression de vivre une vie dans une vie. Une fin de semaine complète entre le jeudi soir et le vendredi matin.

Autre habitude que j’avais prise un printemps il y a deux ans et qui me faisait un bien fou. Après le travail, je partais faire ma “run de lait”. Je ramassais quelques amis avec leur guitare, la bière, le lunch et on se rendait à la plage Fraser… encore dans le parc national du mont Orford. On arrivait à 5 heures, on chantait, on buvait, on mangeait, on jasait, on se baignait… et on regardait le soleil se coucher. Vers 10h, j’allais reconduire tout ce beau monde et on remettait ça la semaine suivante. Je décrochais vraiment. Plus que simplement aller prendre un verre ou aller au restaurant. Sortir de la ville, du quotidien, de la routine habituelle… Et on revient le lendemain au travail avec le sentiment d’avoir vécu.

De quelle façon sortez-vous du quotidien?

Un commentaire

  1. Mon P'tit Moi a dit,

    Sortir du quotidien, souvent, j’y reste, étant trop fatiguée pour faire autre chose.

    Sinon, je décroche en écoutant un film, en allant me promener sur Mont-Royal, en me perdant au parc Maisonneuve… Bref, je savoure la vie, pour le peu d’heures concrètes de loisir que j’ai quotidiennement.

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