Panique à bord
21 mai 2008
Méchant matin!
J’étais à deux secondes de mon départ pour le boulot. Pour une raison que j’ai oubliée, je suis retournée à la cuisine. C’est là que j’ai entendu un bruit étrange. Jamais je n’ai entendu ce bruit auparavant. C’est une sorte de crépitement de type électrique… enfin, c’est la référence qui me vient. Le bruit provient de mon réfrigérateur. J’ouvre le congélateur parce que c’est de là, me semble-t-il, que provient l’étrange bruit. Je regarde tout au fond et j’apperçois à travers les petites ouvertures du recouvrement un élément rouge comme un rond de cuisinière. “Quessé ça” tab*? Je touche le recouvrement, il chauffe. “Ben voyons donc, un congélateur qui chauffe, c’est le monde à l’envers et ce n’est certainement pas normal.” Le coeur commence à cogner. Je suis vraiment inquiète. Y’a toujours ce maudit petit bruit qui sonne dans ma tête comme une alarme. J’appelle ma maman. Maudit qu’elles sont importantes nos mères dans ces moments-là!! Je suis un peu paniquée… plutôt inquiète, mais bon. Je ne peux pas partir avec un réfrigérateur qui a le goût de jouer à la cuisinière. Je n’arrête pas de me répéter que si je n’étais pas retourné dans la cuisine, je n’aurais jamais entendu le bruit et mon réfrigérateur aurait pris feu. J’ai toujours eu une peur bleue de tout perdre dans un incendie: souvenirs et reliques du passé. Sous les conseils de ma charmante mère, je débranche tout. Puis, j’essaie d’appeler ma directrice pour me faire remplacer. Rien à faire, je ne peux la rejoindre, son cellulaire est fermé. Maudit! Je dois quitter le navire avec la pensée que je peux aussi bien revenir pour découvrir qu’il ne me reste plus qu’à regarder le brasier de mes souvenirs. Le coeur bat toujours la chamade et je me rends à l’école. La suppléante n’en finit plus de se laisser attendre. Les enfants rient de ma nervosité et me prédisent un gros feu de “frigidaire”. Les petites pestes. Je me détend tout de même en me disant que sans électricité, il y a peu de risque que le tout s’enflamme. La suppléante arrive finalement après plus d’une heure trente d’attente.
Je quitte mes petits prophètes de malheurs et j’arrête en route à un réparateur d’électroménager. Je raconte mon histoire au tit-monsieur qui me regarde calmement, presqu’un sourire en coin. Il m’explique que c’est normal. NORMAL!!! Oui, c’est le dégivreur qui se met en marche toutes les 8 heures. Et alors, ce bruit? Probablement un peu d’eau sur l’élément… tout comme lorsqu’on échappe un peu d’eau sur les ronds de la cuisinière. Ok, mais pourquoi ça m’inquiète ce matin et qu’en 4 ans, je n’ai jamais porté attention à ce détail? Bien sûr, il n’a aucune réponse, mais il m’assure qu’il n’y a aucun problème. Et il ajoute qu’il y a peu de risque pour qu’un réfrigérateur déclenche un brasier puisque sa constitution est munie de pare-feu. Ouf! Je vais pouvoir rassurer mon amie Marie qui, suite à mon histoire de ce matin à l’école, s’est mise à suspecter son propre réfrigérateur de piromanie. Elle est de nature plutôt inquiète ma Marie!
Finalement, pour profiter de cette journée de congé imprévue et grise, j’ai essayé de dépenser une partie de l’argent que je viens d’économiser. Et oui, je viens de me faire au moins 1000$, prix du réfrigérateur que je n’aurai pas à remplacer. Je suis allée fouiner à la boutique de plein air dans les rangées de vélos, de camping et de bottes de marche. Ahah!! Rassurez-vous! Le vélo que je voulais n’était plus disponible.
Into the wild
19 mai 2008
Ne sommes-nous pas tous en quète du vrai bonheur, pur, entier, profond? Chacun de nous se questionne sur ce qui est réellement important. Nous essayons de nous libérer des contraintes superficielles apprises dans notre société sans toujours y arriver. En fait, on y arrive rarement complètement.
Into the wild, réalisé par Sean Penn, est inspiré de l’histoire de Christopher McCandless. Ce jeune américain, insatisfait par la vie en société, a tout quité à l’âge de 22 ans pour vivre sur la route en quète de la liberté, la vraie. Il se libère de toute attache matérielle et vit au rythme du temps et des rencontres. Il termine son périple de deux ans en Alaska où il souhaite vivre une vie d’ermite se satisfaisant des richesses d’une nature sauvage finalement peu généreuse, atteignant ainsi l’apogée de la liberté. Encore une fois, je suis tombée sur un excellent film qui est resté imprégné en moi toute la journée. Les scènes du film sont superbes et la trame sonore est géniale. Les images et les impressions de ce film ont continués de faire leur chemin dans ma tête. Ce jeune homme est allé au bout de ses valeurs, de ses croyances, de ses rêves… chose que peu d’entre nous aurons le courage de faire dans notre vie. voilà! C’est un film à voir.
Que c’est injuste!
15 mai 2008
La fin d’année approche avec tout ce que ça implique. Je n’arrête pas une minute. Deuxième tournée de plans d’intervention: interminable. Présentation de mes finissants aux intervenants et directions du secondaire: une longue préparation. Je viens de terminer trois journées de présentation de cas à titre d’enseignante représentant les classes ressources sur le comité de sélection du quartier: 23 cas présentés… des heures et des heures de plaisir. Organisation des sorties, bilans, évaluations, boucles de nos projets en cours, impression de manquer de temps. Et pour ajouter à tout ce stress, j’ai appris aujourd’hui que j’étais excédentaire. Il y a donc un risque que je ne revienne pas dans ma classe l’an prochain. C’est un choc. Je ne m’attendais aucunement à cette possibilité. Et je suis frustrée. J’aime cette clientèle (peu d’enseignant sont intéressé à vivre la réalité très exigeante de la classe ressource, ce qui ajoute à ma frustration: moi, je l’aime) et, après trois ans de survie, je commence à m’y sentir vraiment à l’aise et je confirme de plus en plus mon intérêt et ma place. Cette clientèle m’alimente et me touche. Et je devrai peut être laisser ma place à quelqu’un qui ne veut pas y être. Qui n’attendra que le moment d’en sortir. Que c’est injuste!
Soupirs
5 mai 2008
Depuis quelques temps… depuis l’arrivée du beau temps, je me surprends régulièrement à soupirer (vous savez, ce soupir qu’on associe au coeur qui n’a pas ce qu’il désire). Ça m’arrive partout, à tout moment, sans signe avant coureur: dans mon auto, en écoutant de la musique, en faisant les courses, en cuisinant… dans toutes ces activités banales de la vie quotidienne. Je soupire au moment où une image m’apparaît: Je fais l’activité que je suis en train de faire…mais à deux. Partager le quotidien. Se réveiller à deux. Déjeuner à deux. Cuisiner à deux. Aller au marché à deux. Se trouver des activités à deux. S’inventer un monde à deux.
Ahah!! Elle m’amuse cette image… À DEUX!!
Il manque de vie chez moi. J’ai beau faire toutes sortes d’activités régulièrement avec des gens différents et intéressants, quand je reviens chez moi, c’est le vide et le silence qui m’attendent. Mes murs. Mes meubles. Personne. Autant j’apprécie cette solitude et ce silence, autant parfois cela devient lourd et froid. J’ai parfois l’impression qu’il y a deux “moi”. Il y a “moi” au boulot et entre amis: un brin hyperactive; prête à réaliser mille et un projets; active et motivée; que rien n’arrête; pleine d’énergie et d’ambition; pleine d’idées et d’opinions; etc. Et il y a “moi” qui parfois est désintéressée par le quotidien entre ses quatre murs; peu motivée à se faire à manger; qui laisse trainer ses trucs parce que de toute manière, ça ne dérange personne; qui fait ses courses seulement quand tout est totalement vide parce que c’est ennuyant faire les courses; qui se retrouve sans plan un samedi parce que personne n’est disponible et qui sait que cela signifie ne vraiment voir personne de la journée; etc. Heureusement que j’ai une vie active et que je suis bien entourée parce que c’est la dépression assurée.. hihi!! Et il viendra ce quelqu’un avec qui partager ma vie… enfin, j’espère qu’il viendra avant que mes habitudes de fille célibataire ne se transforment en habitudes rigides de vieille fille… ahah!!
Ben X
1 mai 2008
Je travaille avec des enfants qui, bien qu’ils ne soient pas aspergers ou autistes, vivent ce sentiment omniprésent d’être différents des autres, de ne pas “fitter” dans le cadre, d’être jugés et catégorisés. Ce film, Ben X, que je suis allée voir ce soir avec une amie qui travaille dans le même domaine que moi, m’a bouleversé, m’a choqué, m’a dérangé. En fait, j’ai passé les premiers 3/4 du film à vivre une grande colère. J’étais réellement choquée, fachée, frustré… pas un peu je vous assure… j’aurais voulu tuer. Certaines de ses paroles me ramenaient à mes élèves et à ce qu’ils peuvent vivre. La méchanceté des gens qui sont incapable d’avoir de l’ouverture à la différence, d’avoir de l’empathie envers qui que ce soit, de laisser vivre, de cotoyer des gens différents. Le pire, c’est qu’on veut tous être différent, mais que la majorité est incapable de “dealer” avec cette différence. Gang de caves. J’en vois partout du manque d’ouverture à l’autre. Quelle stupidité que celle de penser qu’on est le seul à comprendre et à savoir ce que la vie devrait être. Et si c’était l’autre (ou les autres) qui avait compris. On passe à côté de quelque chose… J’ai passé le quart restant de ce film les larmes aux yeux.. à me retenir pour ne pas laisser libre cour à la tempête qui menaçait à l’intérieur (un peu de retenue en public svp). Ce film devrait être vu par tous, ne serait-ce que pour laisser une trace de compassion dans chacun d’entre nous. Se mettre à la place de celui qui vit différemment de nous. Et comprendre que cette différence nous ramène dans le grand bain de l’humanité… dont nous faisons TOUS partis. Qu’on le veuille ou non!

