Reste dans ton trou

21 juillet 2008 at 10:58 (Un peu de moutarde, À voix haute)

C’est fucké en maudit des fois la vie!!!

J’ai une sorte de système de protection dans mon existence qui m’aide (enfin, je le pense) à passer au travers de bien des événements difficiles: J’OUBLIS. Je fais une croix sur ce qui me fait mal et je l’expédie très, très loin dans le labyrinthe de mes souvenirs jusqu’à en faire un événement qui n’a, dans ma conscience, pas existé.

J’ai vécu une courte relation amoureuse avec un homme que je connaissais depuis plusieurs années. En fait, nous nous étions fréquentés lorsque nous nous étions connus, puis la vie avait fait en sorte que ce soit resté (hum… comment dire) une histoire estivale. Comme nous avions des amis communs, nous nous étions revus quelques fois. Plusieurs années plus tard, lors d’un surprise-party dans une petit bistro pour mon anniversaire, ma soeur l’avais invité. C’est là qu’il m’a fait son baratin une sorte de déclaration trop, mais alors là, trop romantique (comme il n’en arrive jamais dans la vraie vie). Que pensez-vous? Je suis tombée dans le panneau molle comme de la guenille. S’en est suivis quelques mois rocambolesques. Je vous épargne les détails. J’étais si prise dans toute cette histoire que je n’écoutais pas la petite voix en moi qui me disait (et elle me le disait vraiment) qu’il y avait quelque chose qui clochait.

Je dois faire une sorte de parenthèse ici pour expliquer que je ne tombe pas souvent en amour (comme la majorité des gens me semble-t-il). Et quand ça m’arrive, je tombe souvent mal (ou c’est moi qui fait que ça ne fonctionne pas… mais passons, c’est une autre histoire). Ma vie sentimentale ressemble davantage à un désert qu’à un oasis.

Donc, m’étant laissé charmé par ce beau parleur, je n’écoutais pas la petite voix en moi qui criait: C’est de la merde tout ça!!! Puis, il a commencé à prendre des distances, à se faire moins présent et tout. Je ne comprenais pas exactement ce qui se passait, je me disais qu’il avait besoin de temps et je laissais aller les choses. Jusqu’à ce qu’un jour, il m’envoie chier sur mon répondeur de la manière la plus dégeulasse qui soit. Ça été la fin de cette histoire. J’ai appris plus tard qu’il avait tenté de mettre fin à ses jours et qu’il avait fait une thérapie.

Ma conclusion a donc été la suivante: son éloignement, ses messages sur mon répondeur en remplacement de sa présence et tout le reste étaient des tentatives de sa part de me faire péter les plombs pour pouvoir me “calisser-là” sans trop d’explications sur son état mental. Il n’allait pas bien et ne pouvait poursuivre une relation avec moi. Et comme je ne suis pas de ceux qui pète les plombs avant d’avoir une discussion, son plan est tombé à l’eau. Nous avions déjà eu une discussion sur les derniers jours, ma foi, très ordinaires. Il avait pété les plombs. J’étais restée d’un calme parfait et je lui avais retourné la situation d’une manière si incontestable qu’il n’a pu que baisser la tête, les oreilles molles, en approuvant la justesse de mes propos. JE DÉTESTE CRIER pour régler quelque chose. Bref!

Toute cette histoire pour dire que, suite à son superbe message de Marde sur mon répondeur, je ne l’ai plus revu. Je me suis enfermée chez moi plusieurs mois pour essayer de passer au travers cette histoire dans laquelle je m’étais investie malgré ma petite voix intérieure et dans laquelle je me retrouvais encore une fois rejettée. J’ai ensuite placé cette histoire dans le tiroir noir de ma mémoire. Fini. N’existe plus.

Cette semaine, un ami qui vient de déménager m’appelle pour m’inviter à prendre un verre. Il me donne son adresse… disons le 320 rue Julien. Je trouve l’adresse. Je me stationne devant le bloc. Puis me vient une pensée que je sors immédiatement de ma tête: Mon ex vivait sur Julien!! Je prends mes trucs et je me dirige vers l’arrière du bloc. Osti! Mon coeur se met à battre si fort que je n’arrive pas à penser. Je vois devant moi le petit renflement de la cour et le “container” devant lequel je me stationnais. Je marche toujours, le coeur qui cherche à me sortir de la poitrine. Je me refuse de regarder le bloc vu de derrière, comme si j’espérais… que ma mémoire me joue des tours. J’entends mon ami. Je me retourne. Il se trouve au seul endroit où je ne veux pas le voir: sur le balcon de mon ex. Osti de marde! Le pire, c’est que je me refuse toujours de confirmer le lieu où je me trouve. Mon cerveau en est incapable. Sans même faire la bise de bienvenue à mon ami, je regarde par la fenêtre pour vérifier que je ne me trompe pas. Faut le faire. J’étais réellement bouleversée! Que c’est idiot! Je n’ai pu rester dans l’appart que quelques minutes… pauvre “mon ami” qui était heureux de m’accueillir chez lui.

Je suis troublée de réaliser combien je me suis sentie mal de retourner là. J’y ai pratiquement vécu durant ces quelques mois et je n’ai pas été foutue de reconnaître le bloc. Mon mécanisme de défence est vraiment efficace et affecte réellement mon disque dur. Enfin. Quelques jours plus tard, la cousine de mon ex avec qui nous étions sortie à quelques reprises d’invite sur le maudit Facebook. Mais qu’est-ce qu’il a le passé à me harceler ainsi? J’veux rien savoir. Je ne veux plus rien avoir à faire avec ce gars. Je ne veux pas le revoir, parce que si ça devait arriver… je pense que je les pèterais les plombs. Sors de ma vue!!

Voilà! C’est tout!                                             À Voix Haute

Un commentaire

  1. mélou a dit,

    Aahhh, c’est plate. La vie fait drôlement les choses parfois… Le risque à “oublier” comme tu le dis plutôt que digérer c’est un peu ce qui t’es arrivé… que ça te ressaute en pleine face au moment où tu t’y attends le moins.

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